• Table de Marché Dégustations toulousaines
  • Danjou Banessy Clos Escounils
  • Duo
  • Pic St Loup Christophe Peyraud

Dégustations toulousaines

Depuis de longues semaines nous avions envie de faire une descente à Toulouse afin de faire une “réunion de travail” autour de quelques flacons avec notre ami Pierre. Le restaurant où il officie, Michel Sarran, venait de conserver ses deux étoiles, et le temps frisquet était propice à nous assécher la gorge. Les hospices étaient belles.

Etienne venait de passer quelques jours au Mondial du Bio à Marseille, il avait donc les papilles encore excitées.

Nous avons été professionnels jusqu’au bout des ongles, vous le méritez bien.

Le premier soir de l’arrivée, il fallait se rassurer, rester en territoires connus.

IGP Côtes Catalanes Le Roc des Anges "LIum" 2014

Rien de tel qu’un démarrage avec le Roc des Anges, Llum de son petit nom. Il est déjà en vente sur Au delà, mais nous ne l’avions pas goûté depuis quelques mois. Très jolie bouteille, à la fois tendue et minérale, avec une belle salinité. Bien équilibrée, elle commence à s’arrondir. Nous avions fait le bon choix, nous sommes rassurés. Etonnant d’ailleurs qu’il en reste un peu, c’est si bon aujourd’hui, et cela va le rester quelques années.

Un bord de mer avec quelques huitres, un pain de campagne rapidement toasté avec un tarama bien parfumé… Une giclée de citron… Oh Toulouse !

Le week-end commence bien.

La Grande Réserve de Ollier Taillefer (Faugères rouge), est une bombe atomique (heureusement nous n’exportons pas en Corée du Nord), un festival de fruits et de câlins, capable de vous cajoler tout un repas.

Nous l’avions déjà goûtée en 2016 et le mois dernier au Mondial du Bio, ce vin doit absolument venir à notre carte. En bouteilles comme en magnum.

La première soirée se termine gentiment. Il nous faut garder des forces pour demain, la journée va être plus musclée.

La Grande Réserve Ollier Taillefer

Rendez-vous pris avec Pierre Colin dans le bar à vins à côte du marché des Carmes, l’Envie du Sud.

Va nous y rejoindre également Julien Montagné, du Clos del Rey, avec lequel vous devez être familiers désormais.

Déjà, le lieu donne confiance, du lourd, du beau. Nous sommes entourés de belles quilles, les yeux brillent de convoitise.

Autour de nous une vingtaine de vins en dégustation avec la carte idoine dans de belles machines chromées et bien carrossées.

Le mieux est de se laisser faire, ils connaissent bien leur boulot. Pierre et Julien sont à l’heure. Julien, trop adorable, nous offre une cuvée l’Aragone de son domaine. C’est le petit bébé dont il est le plus fier, tout jeune sorti du berceau, un 2015. Nous sommes déjà amoureux de Sabina, nous avons hâte de déguster. ce soir sans doute, au calme.

Danjou Banessy Clos Escounils

On débute par un blanc,

Sans passer par la case machine. Un tire-bouchon, un seau à glace, et quelques verres.

Danjou Banessy, Clos des Escounils, en Roussillon dans la vallée de l’Agly. Pendant une bonne partie des deux jours on va se concentrer sur le local, il y a  de quoi faire.

Très belle bouteille, concentrée et tendue comme sa copine du Roc d’hier. Renseignement pris c’est un mélange des trois grenaches (noire, grise et blanche). Elle est encore jeune (2014), mais elle goûte très bien. L’élevage n’est pas trop marqué, on le retrouve en fin de bouche avec une jolie noisette vanillée. Un joli potentiel de garde de quelques années sans souci.

Ça commence bien, les langues se délient.

Ensuite la surprise du chef. Le bonbon de quatre heures que nous ne connaissions pas, un vin nature tout en légèreté, sans déviation aromatique ni gaz intempestif.

C’est incroyablement fleuri, un corps très fluide et transparent, comme si le vin avait macéré cinq minutes, pas plus. Et pourtant, c’est de la Mourvèdre en veux-tu en voilà.

La bouteille est descendue en moins de temps qu’il ne me faut pour l’écrire. On imagine des accords d’été, la mer et la garrigue sont proches, les pizzas ou pissaladières, les olives et la tapenade.

Un voyage pas très loin dans l’espace, mais à une période de l’année où il fait beau et chaud (ou l’inverse).

J’ai le coeur grenadine, porcelaine…

Joli coup, bravo.

L'Anglore Véjade
Domaine Saint Sylvestre Rouge

On arrive aux rouges.

Respectivement le Domaine de la Saint Sylvestre en 2014 (Terrasse du Larzac), et un Pic Saint Loup 2013 de chez Christophe Peyrus  (également co-propriétaire du Clos Marie).

Le patron est ravi de nous déboucher ces deux quilles. Seul souci, elles ne se goûtaient pas ce jour-là et avaient décidé de rester fermées. Et pourtant, elles donnaient l’impression d’en avoir sous le capot… mais la mûre était trop compotée (surtout pour le Pic), les arômes étaient bloqués, la bouche ne s’ouvrait pas et restait trop linéaire pour le Saint Sylvestre…

C’est comme cela, on n’y peut rien, le vin traverse souvent des phases ingrates. Il faudra y revenir.

Mais la journée n’était pas encore terminée.

Pic St Loup Christophe Peyraud

Petit break.

Julien et Pierre devaient repartir vers leurs obligations professionnelles. On en profite pour faire quelques courses (faut bien se sustenter un peu), et la partie peut reprendre.

L’Aragone du Clos del Rey est la bouteille du WE qui s’offre à nous.

Toute timide, il lui faut une bonne heure avant de nous donner un bonjour franc et sincère. Mais alors là, le bonjour est festif…

Des vignes de Carignan de 80 ans sur un plateau entre Estagel et Maury nous offrent un jus au nez très précis, un corps tendu et musclé mais pas trop body-buildé. Une longueur en bouche qui n’en finit plus. Un ailier du Stade Toulousain, au moins.

C’est le Sabina en plus volumineux et sphérique. Il en encore très jeune, mais il a l’avenir devant lui. Nous allons essayer de mendier quelques bouteilles à Julien, on verra bien.

Offrez-lui une belle épaule d’agneau ou un gigot, quelques pommes de terres pas trop aillées, un joli jus un peu caramélisé et réduit… et la suite se passe de commentaires. Une des plus belles bouteilles de notre virée, et pourtant on en a goûté !

Clos del Rey Aragone
Le Cazal Le Pas de Zarat

Nous avons terminé notre repas sur le Pas de Zarat du domaine de Cazal en Minervois.

Nous avons fait la bêtise de la garder pour la fin de repas, tout excités que nous étions de goûter l’Aragone.

Le Pas est un vin très charmeur, rond, avec beaucoup de douces épices orientales. Malheureusement notre palais s’était invité ce soir-là au stade de Rugby, et ici nous étions aux Folie Bergères entourés de femmes de Bottero.

Il aurait fallu réserver une soirée complète à ce vin, mais nous n’avions pas le temps. Malheureusement !

Samedi midi, Rendez-vous au marché Victor Hugo

Afin de se préparer psychologiquement nous arrivons un peu en avance pour jouer au badaud moyen. Un très joli marché de produits frais, beaucoup de boeuf et de belles côtes maturées, des poissons abordables…

Pensée émue toutefois pour les petits producteurs locaux de canard dont les élevages sont touchés par la grippe aviaire. Pas d’autre choix que de tout abattre.

La partie entamée la veille peut reprendre.

Nous avions rendez-vous chez Vincent, en plein centre du marché. Impossible à rater, c’est la cohue autour des deux ou trous tonneaux qui accueillent quelques généreuses bouteilles.

Démarrage classique au blanc, on fait confiance au patron.

Roc D'Anglade

Le Roc D’Anglade blanc 2014 est parfait pour démarrer. Un sud qui taquine un peu avec la Loire, une belle portion de Chenin dans le jus (75% environ). Cela se sent, et cela est bon. Des jolis arômes de poires et de pomme, un peu de noisettes, un chouia de fumé. Le gosier est prêt pour affronter la suite, les sourires s’élargissent.

Quelques fromages et autres grignotages de bon aloi rejoignent le tonneau.

Le rouge fait son apparition, Pierre a commencé le voyage par un tour en Beaujolais, avec Jean Foillard et l’étiquette rouge de son Morgon Premières. On retrouve toujours le plaisir d’enfance de croquer dans une belle cerise brillante, croquante et juteuse. Sauf que nous sommes adultes et que la cerise est de cépage gamay. Mais ce n’est pas très grave.

Foillard 2013
Vaïsse Aphyllante 2013

La deuxième grosse découverte de notre périple !

Ensuite Pierre tient à nous faire goûter ce qui est pour lui le digne successeur de Montcalmes, si successeur il a besoin.

Le Domaine Vaïsse, l’Aphyllante millésime 2013 débarque sur le milieu du fût, entre chèvre cendré et jeune Comté. Du 100% Mourvèdre. Et il prend tout l’espace sans se gêner. L’Aphyllante est une fleur de garrigue, on y est. Une rondeur, une attaque, une opulence, Ouah ! Et deuxième surprise, la bouche nous dévoile d’autres parfums et arômes tout aussi intéressants. Du Camphre et du clou de girofle titillent notre langue. Un concentré du Languedoc.

Il nous en faudra. Impossible de passer à côté.

L’ami Vincent ne veut pas s’en laisser conter!

Il veut nous faire goûter ce qui est à ses yeux l’un des plus beaux flacons de sa carte.

On descend dans les années pour s’attaquer à une Rectorie cuvée Le Seris 2002. Les vieilles vignes du domaine pour un Collioure de maintenant quasi 15 ans.

Effectivement ça se goûte terriblement bien. Pas de trace d’évolution marquée, le vin est encore brillant. Un nez chocolaté (on ne renie pas ses origines), et des jolis fruits murs sans tourner vers une compote caricaturale. Merci Vincent.

Malheureusement le Marché ferme ses portes, il nous faut quitter à regret ce spot à canons, non sans nous être rafraichis d’une petite bulle de bon aloi (Un Jacquesson fort délectable semble-t’il).

La Rectorie Le Seris 2002

Une petite balade digestive et l’heure de l’apéro approche.

Un bar à vins nous tendait les bras, nous n’avons pu refuser une invitation si généreuse.

Fonsalette 2007

A la carte nous dénichons tout d’abord un Chassagne Montrachet Blanc de chez Bernard Moreau (Village 2011). Le premier Chardonnay du week-end. Nous sommes ici en territoire connu. C’est du bon, du solide. A la fois tendu et gras, il a de très jolis arômes de brioche et de noisettes à la fois. L’élevage quasi assimilé, il reste fluide. Préférable néanmoins de lui adjoindre un compagnon “solide” pour parfaitement l’apprécier.

Pierre a repéré un Chateau Fonsalette 2007. Le petit frère de Rayas et le premier Rhône de la séquence. Nous commençons à faire des infidélités à la région, mais c’est pour la bonne cause. La grande classe, parfaitement à point. Les fruits sont toujours présents (un peu de fraise ?),  beaucoup d’épices également (curry doux, poivre blanc), et une longueur qui n’en finit pas. Parti pour durer encore un brin.

Chassagne Montrachet Bernard Moreau

Il faut penser maintenant à rejoindre notre restaurant…

Nous passons par chez Pierre afin de chercher un petit ravitaillement qu’il voulait nous proposer. Petite frayeur passagère sur des clés de voiture introuvables, mais notre ange gardien veille bien et tout revient rapidement dans l’ordre.

Nous restons sages, deux quilles au menu, mais toutefois deux illustres ambassadeurs de leurs régions respectives, la Provence et la Bourgogne.

Domaine Tempier 2013
Gevrey Chambertin Seraphin 2003

Le Tempier est encore jeune et fougueux, puissant et vigoureux. Il est à l’aube d’une belle et longue vie.

La surprise venait du Serafin. Un Gevrey de chez vrai de vrai, avec les parfums si caractéristiques de ce village oh combien célèbre. Un millésime solaire et “duraille”, mais ici parfaitement réalisé, sans la lourdeur ni le déséquilibre d’un soleil trop présent et d’un raisin un peu cuit. Encore de bien belles années.

Et pour terminer la soirée, un vin non tranquille…

Rien à rajouter sur ce flacon, la photo suffit à elle-même. Sachez néanmoins qu’elle a été carafée.

Ulysse Collin Les Roises

La suite est à Toulouse et va le rester…

Les trois protagonistes

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